La plupart des musulmans sont convaincus que le Coran est intact, préservé tel qu'il a été révélé. Mais cette conviction ne vient pas des textes, elle vient de ce qu'on leur a enseigné à croire, sans jamais les inviter à vérifier.
Car les textes, eux, disent autre chose. Des récits faisant état d'omissions, de modifications, de versets disparus et de sourates incomplètes existent, et en nombre. On les trouve dans des sources chiites, mais aussi sunnites, rapportés par des compilations de premier plan. Si les compilateurs ont choisi de les transmettre, c'est qu'ils avaient leurs raisons.
La Torah a été falsifiée. L'Évangile également. Le Coran lui-même l'atteste. Alors pourquoi le Coran aurait-il été épargné ? Par quelle logique le dernier des textes révélés serait-il le seul à avoir échappé à la main de l'homme ?
Admettre que ces récits existent ne revient pas à tout rejeter. Cela revient à comprendre pourquoi le Prophète ﷺ n'a pas laissé le Coran seul : il a laissé avec lui les Ahl al-Bayt (as), pour le garder, l'expliquer, lui donner voix. C'est en cela que réside la distinction entre le Coran parlant et le Coran silencieux.
Pour étayer ces propos, voici plusieurs sources, chiites et sunnites, accompagnées de leurs références.
Sources Chiites
15 hadiths
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D'après la chaîne de transmission remontant à Ali ibn Suwayd, il est rapporté dans al-Kafi :
Il dit : « J'ai écrit à Abu al-Hasan Musa (que la paix soit sur lui) … » jusqu'à ce qu'il mentionne sa réponse (que la paix soit sur lui) — dans une lettre alors qu'il était en prison :
« Ils ont été chargés de préserver le Livre de Dieu, mais ils l'ont falsifié et modifié. »
Référence : al-Kafi, 8/125 | 95
Personne parmi les gens n’a prétendu avoir rassemblé tout le Coran tel qu’il a été révélé, sauf un menteur. Nul ne l’a rassemblé ni préservé tel que Dieu, exalté soit-Il, l’a révélé, si ce n’est ʿAli ibn Abi Talib (que la paix soit sur lui) et les imams après lui (que la paix soit sur eux).
Référence :Al Kafi, 1/228 | 1
De Salim Abi Salamah qui a dit : Un homme récita certains versets du Coran à Abou ‘Abdillah (paix sur lui) pendant que j’écoutais, d’une manière différente de celle dont les gens récitent. Abou ‘Abdillah (paix sur lui) dit : Abstiens-toi de cette récitation, récite comme les gens récitent jusqu’à ce que le Qa’im se lève. Lorsque le Qa’im se lèvera, il récitera le Livre d’Allah dans sa forme authentique et fera apparaître le manuscrit que ‘Ali (paix sur lui) a écrit.
Référence : Wasa'il al-Shia Vol. 6, Section 3, Chapter 74, Hadith 7630
D’après Jabir, d’après Abu Jaʿfar Et ce qui est rapporté dans al-Kafi d'après Abu Basir, d'après Abu Abd Allah, concernant la parole du Très-Haut :
Nul ne peut prétendre posséder l’ensemble du Coran,tant dans son apparent que dans son caché, si ce n’est les dépositaires (les légataires)
Référence : Al Kafi, 1/228 | 2
D’après Maysar, d’après Abou Ja‘far (paix sur lui), il a dit : « S’il n’y avait pas eu des ajouts dans le Livre d’Allah et des diminutions, notre droit ne serait pas resté caché à quiconque possède une intelligence. Et lorsque notre Qa’im se lèvera et parlera, le Coran le confirmera. »
Référence : Tafsir Al Ayashi, vol. 1, p. 13
D’après al-Asbagh ibn Nubâtah, il a dit :
« J’ai entendu le Commandeur des croyants (paix sur lui) dire : Le Coran est descendu en trois parties : un tiers à notre sujet et au sujet de nos ennemis, un tiers de traditions et d’exemples, et un tiers d’obligations et de jugements. »
Référence : Al-Kafi, vol. 2, p. 459
D’après Muhammad ibn Sulaymân, d’après certains de ses compagnons, d’après Abou al-Hasan (paix sur lui), il a dit :
« Je lui ai dit : Que je sois sacrifié pour toi, nous entendons des versets du Coran qui ne sont pas chez nous comme nous les entendons, et nous ne savons pas les réciter comme cela nous a été transmis de votre part. Commettons-nous un péché ?
Il dit : Non. Récitez comme vous avez appris. Viendra celui qui vous enseignera. »
Référence : Al-Kafi, vol. 2, p. 453
D’après Abou ‘Abdillah (paix sur lui), il a dit :
« Si le Coran était récité tel qu’il a été révélé, nous y trouverions des personnes nommées. »
Référence : Tafsir al-Ayashi, vol. 1, p. 13
D’après ‘Abdullah ibn Sinân, d’après Abou ‘Abdillah (paix sur lui), il a dit : ... « La sourate al-Ahzâb contient les scandales des hommes et des femmes de Quraysh et d’autres. Ô Ibn Sinân, la sourate al-Ahzâb a dévoilé les femmes de Quraysh parmi les Arabes, et elle était plus longue que la sourate al-Baqara, mais ils l’ont diminuée et altérée. »
Référence : Thawab al-Aʿmal p.100 ; Bihar al-Anwar vol.89, p.50
D’après Abou ‘Abdillah (paix sur lui), il a dit :
« Allah a fait descendre dans le Coran sept personnes par leurs noms. Quraysh en a effacé six et a laissé Abou Lahab. »
Référence : Rijal al-Kashshi p.247 ; Bihar al-Anwar, vol. 89, p. 54
D’après Ibn Nubâtah, il a dit :
« J’ai entendu ‘Ali (paix sur lui) dire : C’est comme si je voyais les non-Arabes, leurs tentes dressées dans la mosquée de Koufa, enseignant aux gens le Coran tel qu’il a été révélé.
Je dis : Ô Commandeur des croyants, n’est-il pas tel qu’il a été révélé ?
Il dit : Non. Soixante-dix hommes de Quraysh en ont été effacés, avec leurs noms et ceux de leurs pères. Et Abou Lahab n’a été laissé que pour rabaisser le Messager d’Allah (que les prières et la paix d’Allah soient sur lui et sa famille), car il était son oncle. »
Référence : Kitab al-Ghayba p.318
Mon père m'a rapporté d'Ibn Abi 'Umayr d'Ibn Sinan J'ai lu devant Abou 'Abdallah, paix sur lui : { Vous étiez la meilleure communauté qui ait été tirée pour les gens } alors Abou 'Abdallah, paix sur lui, a dit : { La meilleure communauté } tuent l'Imam des croyants et Al-Hassan et Al-Hussein, paix sur eux ? Alors le lecteur a dit : Que je sois sacrifié pour toi, comment cela a-t-il été révélé ? Il a dit : Cela a été révélé { Vous étiez les meilleurs imams qui aient été tirés pour les gens } Ne vois-tu pas l'éloge de Dieu pour eux : { Vous ordonnez le bien et interdisez le mal et croyez en Dieu }.
Référence : Tafsir al-Qummi
D’après Abou Basîr, d’après Abou ‘Abdillah (paix sur lui), concernant la parole d’Allah — Exalté soit-Il :
« (Et quiconque obéit à Allah et à Son Messager — concernant la wilaya de ‘Ali et des Imams après lui — a certes remporté un immense succès.) Ainsi elle est descendue. »
Référence : Al Kafi vol. 1, p. 345
Ibrahim bin Abd Al-Samad bin Muhammad bin Ibrahim - a dit: J'ai entendu Ja'far bin Muhammad (sur eux la paix) lire: {En vérité, Allah a choisi Adam, Noé, la famille d'Abraham et la famille d'Imran} - et la famille de Muhammad - {au-dessus des mondes} a dit: "C'est ainsi que cela a été révélé".
Référence : Al-Burhan fi Tafsir al-Quran
Et d'après Hisham ibn Salim, d'après Abu Abd Allah, qu'il a dit :
« Le Coran avec lequel Gabriel est descendu auprès de Muhammad comptait dix-sept mille versets. »
Référence : Al Kafi - hadith 28 - Volume 2, Livre 3 Chapitre 14
Sources Sunnites
15 hadiths
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Abû Yunus, l'affranchi d'Âïcha, dit
« Aïcha m'ordonna de lui transcrire un Coran et dit : quand tu atteindras ce verset "Observez les prières et la prière médiane" (2:238), préviens-moi. Quand je l'atteignis, je la prévins, et elle me dicta : "Observez les prières, la prière médiane et la prière de l'après-midi, et tenez-vous devant Dieu avec piété." Aïcha dit : "C'est ainsi que je l'ai entendu du Messager de Dieu." »
Référence : Sahih Muslim n° 629.
D'après Aisha :
« Parmi ce qui fut révélé du Coran figurait : "Dix tétées connues rendent [le mariage] illicite", puis cela fut abrogé par cinq tétées connues. Le Messager de Dieu est décédé alors que cela faisait partie de ce qui se récitait du Coran. »
Référence : Sahih Muslim hadith n°1452 ; Sunan Abi Dawud n°2062
D'après Ibn Abbas : Umar a dit :
« J'ai certes craint que le temps ne passe sur les gens et que quelqu'un dise : "Nous ne trouvons pas la lapidation dans le Livre de Dieu", et qu'ils s'égarent en abandonnant une obligation révélée par Dieu. »
Référence : Sahih al-Bukhari, n°6830 - Sahih
D'après Umar, dans un long hadith :
Nous récitions parmi les versets du Livre d'Allah : « Ô gens ! Ne prétendez pas descendre d'autres que vos pères, car cela est un kufr (ingratitude) de votre part que de prétendre descendre d'autres que votre vrai père. »
Référence : Sahih al-Bukhari, n°6830, Kitab al-Hudud - Sahih
Umar ibn al-Khattâb dit dans un long hadith :
Nous récitions autrefois dans ce que nous lisions du Livre de Dieu : "an lâ targhbû ʿan âbâʾikum, fa-innahû kufrun bikum an targhbû ʿan âbâʾikum" — Ne vous détournez pas de vos pères, car c'est de la mécréance de votre part que de vous en détourner." »
Référence : Sahih Bukhari, hadith n°6830
Zir ibnou Habich rapporte: "Ubayy ibn Kab m'a dit : "combien comptez-vous de versets dans la sourate n°33 Al Ahzab (les coalisés) ? " J'ai répondu : " 73 versets." Ubayy m'a répondu : " À l'époque du Prophète, cette sourate était égale en longueur, à la sourate n°2 "Al Baqara" (la vache), on lisait dans cette sourate le verset de la lapidation comme cela : "Le vieux et la vieille qui commetent l'adultère, lapidez les sans contre partie en guise de punition de la part d'Allah, et Allah est Puissant et Sage."
Référence : Al-Tabarî, Tahdhîb al-Âthâr (Musnad Umar), 2/873 - Sahih
Ahmad ibn Hanbal rapporte dans son Musnad :
« Abd Allah nous a rapporté, d'après Khalaf ibn Hisham, d'après Hammad ibn Zayd, d'après Abu al-Aliyah, d'après Ubayy ibn Kab, que le Prophète lui dit :
"Combien de versets comptez-vous dans la sourate al-Ahzab ?"
Je répondis : soixante-treize versets.
Il dit : "Elle équivalait à la sourate al-Baqarah, et elle contenait le verset de la lapidation."
Je demandai : "Quel est le verset de la lapidation ?"
Il dit :
'Le vieillard et la vieille femme, s'ils commettent l'adultère, lapidez-les sans hésitation : c'est un châtiment venant de Dieu. Et Dieu est Puissant et Sage.' »
Référence : Al Nasa'i dans al-Kubra n°7112 ; Musnad Ahmad hadith n°21207 ; Al Hakim n°8068 - Sahih
D'après Hudhayfa (qu'Allah l'agrée), qui dit : « Vous n'en récitez même pas le quart — c'est-à-dire de Barâʾa — et vous l'appelez la sourate al-Tawba alors qu'elle est la sourate du châtiment. »
Ce hadith est authentique quant à sa chaîne de transmission, et les deux Sheikhs ne l'ont pas rapporté.
Référence : Al-Hâkim, al-Mustadrak n°3327
Abd Allah ibn Mas'ûd dit : « J'avais déjà récité de la bouche de l'Envoyé d'Allah (paix et bénédictions sur lui) soixante-dix sourates, alors que Zayd ibn Thâbit avait encore deux nattes et jouait avec les enfants. » (Pour rappel Zayd ibn Thâbit est celui qui a compilé la premiere version du coran de Abu Bakr et Omar)
Référence : Kitabl Al Masahif de Ibn Abī Dāwūd, hadith 183 p.20-21
Selon AÏcha qui a dit : :
« Le verset de la lapidation et de l'allaitement de l'adulte de 10 tétées étaient sous mon lit, et lorsque le Prophète Mohamed est mort et que nous étions occupés par sa mort , un animal domestique entra chez moi et il a mangé ces versets. »
Référence : Sunans d'Ibn Maja, hadith n°1944
D'après ʿAbd al-Raḥmān : Lorsque le muṣḥaf fut présenté à ʿUthmān, il l'examina et dit : "Vous avez bien fait et vous avez embelli l'ouvrage. J'y vois cependant quelque chose relevant de fautes linguistiques, que les Arabes corrigeront par leur langue." »
Référence : Ibn Abī Dāwūd rapporte dans Kitāb al-Maṣāḥif (p. 41)
Abou Bakr répond alors : "Qu'est-ce qui a fait que tu restes aussi longtemps sans me faire l'allegeance ? " L'imam Ali dit: " J'ai eu peur que l'on rajoute dans livre d'Allah, j'ai donc pensé qu'il ne fallait pas que je m'habille pour aller à la prière à la mosquée tant que je n'aurais pas rassemblé le Coran. ". Abou Bakr repondit: "Ce que tu a pensé est bien." Mohamed dit alors: "J'ai dit à Ikrima : "Ali a rassemblé le Coran dans l'ordre la révélation ,
en respectant sa chronologie ?" Ikrima répondit : " Si les hommes et les Djinns s'étaient unis pour rassembler le Coran comme l'a fait Ali , ils n'auraient pas réussis."
Référence : Al-Itqan fi Ulum al-Qur'an de Al Suyuti, tome 1 page 161
D'après Ibn Umar :
« Qu'aucun d'entre vous ne dise : "J'ai pris tout le Coran." Et qu'en sait-il, ce qu'était tout le Coran ? Une grande partie du Coran a disparu. Qu'il dise plutôt : "J'ai pris ce qui en est apparu." »
Référence : al-Durr al-Manthur, 2/298
D'après Hudhayfa :
« J'ai oublié soixante-dix versets de la sourate al-Ahzab. »
Référence : al-Durr al-Manthur, 5/180 (avec renvoi à Tarikh al-Bukhari)
Ce récit est explicite sur le fait que la sourate al-Ahzab, telle que la connaissait Ubayy ibn Kab — le maître des récitateurs — était trois fois plus longue, et l'étonnement porte sur la disparition de la majorité de ses versets, puisqu'elle ne fut jamais connue avec ce faible nombre de versets, sauf après leur perte.
Peut-on imaginer qu'un tel effacement ait pu passer inaperçu à Ubayy ibn Kab, alors qu'il était la référence en matière de récitation ?
Référence : al-Mustadrak, 2/415 ; Al-Itqan