Il y a toujours un élu d’Allah sur Terre

La désignation est divine

● La terre peut-elle exister sans guide divin qui gère les affaires du monde?

L’homme peut-il choisir son représentant ou seul Allah détient ce pouvoir?

Théocratie où Démocratie ?

Le Coran répond à cette question et cela sans ambiguïté :

Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges: “Je vais établir sur la terre un calife. Ils dirent: “Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier?” – Il dit: “En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas! ”. (Sourate 2, verset 30)

​Ce verset affirme sans équivoque la souveraineté d’Allah dans l’établissement du calife, scellant ainsi toute possibilité de choix émanant d’une autorité tierce. En s’estimant les plus aptes à assumer cette fonction, les Anges ont initialement appréhendé qu’un autre représentant puisse semer le désordre et l’effusion de sang, questionnant ainsi, par leur perspective limitée, la portée de la sagesse divine. Cette confrontation souligne l’autorité exclusive du Créateur face aux conjectures de Ses créatures, rappelant que Son décret transcende toute logique purement apparente.

Que doit-on comprendre ?

Les Anges, ces êtres de lumière, proches d’Allah ne possèdent pas la connaissance suffisante pour désigner un dirigeant (calife) sur cette terre. Ils pensent que ce choix relève du libre arbitre.

Allah leur répond qu’ils n’ont pas assez de science pour obtenir une telle autorité :

Il dit : “ En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas! ”. (Sourate 2, verset 30)

L’élection du calife par Allah constitue un rempart métaphysique contre l’inconstance humaine, car l’homme, façonné à partir d’une argile malléable, porte en lui une fragilité intrinsèque qui le rend incapable de discerner avec certitude la vertu absolue. En confiant cette mission à une créature pétrie de pulsions et de limites sensorielles, Allah démontre que la direction du monde ne peut reposer sur un choix humain, forcément partial et sujet aux passions, mais sur un décret divin qui transcende la nature instable de notre condition. Là où les Anges redoutaient la corruption et le désordre liés à cette origine terrestre, la sagesse divine a placé une responsabilité immense sur un être dont l’essence même est marquée par l’imperfection, comme le souligne le Coran :

« Allah veut vous alléger (les obligations), car l’homme a été créé faible » (Sourate 4, verset 28).

Ainsi, c’est précisément parce que l’homme est incapable de s’extraire de sa diversité et de ses faiblesses pour désigner son meilleur représentant qu’Allah ferme la porte à toute consultation, imposant Son choix comme l’unique boussole capable de guider une créature si intrinsèquement vulnérable vers son accomplissement.

Quelques sources Coraniques

  1. Période Mecquoise (Début de la Révélation)

​Sourate 38 : Versets 47-48 :

​« Et ils sont auprès de Nous, certes, parmi les élus (al-mustafayn), les meilleurs. Et rappelle-toi Ismaël, Élisée et Dhul-Kifl ; chacun d’eux est parmi les meilleurs. »

​Sourate Maryam 19 : Verset 58 :

​« Voilà ceux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits, parmi les prophètes […] et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis (ijtabayna). »

​Sourate 28 : Verset 68 :

​« Ton Seigneur crée ce qu’Il veut et Il choisit (yakhtar). Il ne leur appartient pas de choisir. Gloire à Allah ! Il est bien au-dessus de ce qu’ils Lui associent ! »

​Sourate 6 : Verset 124 :

« Et lorsqu’une preuve leur vient, ils disent : « Jamais nous ne croirons tant que nous n’aurons pas reçu un don semblable à celui qui a été donné aux messagers d’Allah. » Allah sait mieux où placer Son message. »

​Sourate 7 : Verset 144 :

« (Allah) dit : « Ô Moïse, Je t’ai élu (istafaytuka) au-dessus des hommes, par Mes messages et par Ma parole. »

​Sourate 22 : Verset 75 :

​« Allah choisit (yastafi) des messagers parmi les Anges et parmi les hommes. Allah est, certes, Audient et Clairvoyant. »

  1. Période Médinoise (Fin de la Révélation)

​Sourate 2 : Verset 124 :

​« Et quand ton Seigneur éprouva Ibrahim par certains ordres et qu’il les eut accomplis, Il dit : « Je vais faire de toi un guide (Imam) pour les gens. » »

​Sourate 2 : Verset 247 :

Il dit : « Certes, Allah l’a élu (istafahu) au-dessus de vous, et a accru sa part de savoir et sa stature. Et Allah donne Sa royauté à qui Il veut. » »

​Sourate 3 : Verset 33 :

​« Certes, Allah a élu (istafa) Adam, Noé, la famille d’Abraham et la famille d’Imran au-dessus de tout le monde. »

Le rôle de l’élu divin (calife)

Investi d’une mission sacrée, le calife (l’élu divin) constitue l’unique lien médiateur entre le Créateur et Ses créatures, agissant comme le garant de l’ordre providentiel sur terre. Son rôle ne se limite pas à la simple administration, mais s’étend à l’application rigoureuse des lois divines et à la rectification des écarts de conduite, une responsabilité si lourde qu’il bénéficie de l’assistance du Saint-Esprit pour éclairer son jugement. En tant qu’élu inspiré, il est l’interprète infaillible par qui le message est préservé de toute altération, offrant ainsi aux hommes la voie authentique de l’obéissance et de l’adoration. Dès lors, son règne ne saurait tolérer aucun compromis avec les passions humaines, car toute législation étrangère aux préceptes divins est frappée de nullité, rappelant que nul ne peut s’arroger le droit de diriger sans se conformer strictement à la volonté de Celui qui l’a mandaté, comme Allah nous le dit :

Sourate 5, Verset 44 :

« Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants (Al-Kafirun). »

Sourate 5, Verset 45 :

« Et quiconque ne juge pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les injustes (Az-Zalimun). »

Sourate 5, Verset 47 :

« Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers (Al-Fasiqun). »

Ces trois versets de la Sourate « la table servie » constituent un réquisitoire implacable contre toute velléité humaine de s’approprier le droit de légiférer, interdisant de fait l’élaboration de codes juridiques profanes, l’institution de partis politiques ou l’organisation de scrutins électoraux qui ne feraient que substituer la volonté créaturale à la Volonté suprême. En observant l’état actuel d’un monde en proie à des crises systémiques, à des injustices criantes et à des conflits dévastateurs, la sagesse de cette interdiction divine s’impose comme une évidence : elle préserve l’humanité de ses propres penchants et de l’instabilité de lois éphémères, rappelant que seule la Loi du Créateur possède la stabilité et l’équité nécessaires pour garantir une paix véritable. Substituer des systèmes de pensée fragmentés à l’unité de la législation divine conduit inévitablement à un désordre structurel, confirmant que l’homme, par sa nature limitée et partiale, ne saurait être la source de sa propre justice sans engendrer le chaos qu’Allah, dans Son omniscience, a voulu nous épargner.

L’Incontournable Élu divin (calife)

À l’instar des Anges et de Satan qui, jadis, contestèrent l’élection d’Adam, l’humanité n’a eu de cesse de s’opposer à la lignée des Prophètes, Messagers et Imams divinement investis, refusant de reconnaître en eux l’autorité légitime du Créateur. Tel un enfant rebelle, l’homme s’est obstiné à vouloir forger son propre destin, s’imaginant, par orgueil, plus apte qu’Allah à discerner son propre bien, ce qui l’a conduit à traquer, humilier et expulser chaque élu désigné par le Ciel. Si Allah exige l’obéissance, Il a laissé au libre arbitre humain la latitude tragique du refus ; pourtant, l’histoire témoigne que la grandeur de la civilisation n’éclot que dans la soumission à la Volonté divine. Les règnes glorieux de David et Salomon demeurent, à cet égard, des exemples impérissables où la justice, la morale et la piété ont atteint leur apogée grâce à l’alignement de la cité humaine sur les décrets célestes, prouvant que seule la lieutenance divine peut élever l’homme au-delà de sa condition faillible, ainsi que le Coran nous le rappelle :

« Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité parmi les gens et ne suis pas la passion : sinon elle t’égarera du sentier d’Allah. » Car ceux qui s’égarent du sentier d’Allah auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour des Comptes. (Sourate 38, verset 26)

L’épisode des Enfants d’Israël illustre magistralement cette résistance humaine au décret divin : alors qu’ils étaient dépouillés de leurs biens par des guerres incessantes, ils implorèrent leur Prophète de leur désigner un monarque pour restaurer leur suprématie, mais rejetèrent instantanément Saül dès qu’Allah le choisit. Prisonniers d’une vision matérialiste, ils lui dénièrent toute légitimité au motif qu’il ne possédait point de richesses, convaincus que le pouvoir devait échoir à un notable fortuné plutôt qu’à un homme juste. Par la voix de leur Prophète, la sagesse divine balaya ces critères superficiels en affirmant que la véritable aptitude à gouverner ne réside ni dans l’opulence ni dans le rang social, mais dans l’étendue de la science et la vigueur du caractère. Ce récit demeure une leçon éternelle sur la propension de l’homme à substituer ses propres critères fallacieux à l’omniscience d’Allah, qui seul connaît ceux qui possèdent la force spirituelle nécessaire pour guider les peuples vers la justice. Allah nous dit à ce sujet :

N’as-tu pas su l’histoire des notables, parmi les enfants d’Israël, lorsqu’après Moïse, ils dirent à un prophète à eux : « Désigne-nous un roi, pour que nous combattions dans le sentier d’Allah. » Il dit : « Et si vous ne combattez pas, quand le combat vous sera prescrit ? » Ils dirent : « Et qu’aurions-nous à ne pas combattre dans le sentier d’Allah, alors qu’on nous a expulsés de nos maisons et qu’on a capturé nos enfants ? » Et quand le combat leur fut prescrit, ils tournèrent le dos, sauf un petit nombre d’entre eux. Et Allah connaît bien les injustes.

Et leur prophète leur dit : « Voici qu’Allah vous a envoyé Tâlût (Saül) pour roi. » Ils dirent : « Comment règnerait-il sur nous ? Nous avons plus de droit que lui à la royauté. On ne lui a même pas prodigué beaucoup de richesses ! » Il dit : « Allah, vraiment l’a élu sur vous, et a accru sa part quant au savoir et à la condition physique. » -Et Allah alloue Son pouvoir à qui Il veut. Allah a la grâce immense et Il est Omniscient.

Et leur prophète leur dit : « Le signe de son investiture sera que le Coffre va vous revenir; objet de quiétude inspiré par votre Seigneur, et contenant les reliques de ce que laissèrent la famille de Musa (Moïse) et la famille d’Harun (Aaron). Les Anges le porteront. Voilà bien là un signe pour vous, si vous êtes croyants ! » (Sourate 2, versets 246 à 248)

Conclusion

La conclusion souveraine de ce verset scelle définitivement toute controverse : « Et Allah alloue Son pouvoir à qui Il veut. Allah a la grâce immense et Il est Omniscient. » Par cette sentence, la volonté divine s’impose comme l’unique source de légitimité, ne laissant au peuple aucun espace de contestation dès lors que l’élection céleste a été décrétée. En écho parfait au récit primordial de la création d’Adam, ce passage rappelle que l’homme, dans son orgueil, s’illusionne en croyant pouvoir statuer là où le Créateur a déjà souverainement tranché. Il oppose ainsi ses jugements éphémères et ses critères de surface à une sagesse absolue qui, seule, embrasse la réalité des êtres, confirmant que la désobéissance au choix d’Allah n’est autre qu’une rébellion contre l’ordre harmonieux de Sa science infinie.

Le refus de l’élu divin n’est jamais une simple divergence politique, mais une rupture métaphysique avec la source même de la guidance, car nul ne peut recevoir la religion intacte sans le médiateur qu’Allah a désigné pour la transmettre. En rejetant ce guide, l’homme ne demeure jamais neutre : il comble le vide en érigeant ses propres autorités et en substituant ses interprétations faillibles au jugement du Créateur, s’égarant ainsi lui-même tout en entraînant ses suivants dans une déviance structurelle. C’est là l’essence de l’avertissement de la Sourate 2, versets 165 à 167, qui dénonce ceux ayant pris leurs clercs pour « meneurs » :

Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or les croyants sont les plus ardents en l’amour d’Allah. Quand les injustes verront le châtiment, ils sauront que la force tout entière est à Allah et qu’Allah est dur en châtiment !..

Quand les meneurs désavoueront les suiveurs à la vue du châtiment, les liens entre eux seront bien brisés !

Et les suiveurs diront : « Ah ! Si un retour nous était possible ! Alors nous les désavouerions comme ils nous ont désavoués ! » -Ainsi Allah leur montra leurs actions ; source de remords pour eux ; mais ils ne pourront pas sortir du Feu. (Sourate 2, versets 165 à 167)

Cette forme d’association ne réside pas dans un culte de prosternation, mais dans une obéissance mal placée qui délègue la définition du licite et de l’illicite à des êtres non mandatés par le Ciel. L’injustice suprême consiste donc souvent à croire que l’on suit Allah tout en se soumettant à une autorité qu’Il n’a jamais choisie, brisant ainsi le fil ininterrompu de la preuve divine qui, d’Adam jusqu’au Sceau des Prophètes (saws), a toujours protégé l’humanité contre ses propres passions. Si cette tradition de guidance est une constante de la sagesse divine, il est impensable qu’elle se soit éteinte après Muhammad (saws) ; dès lors, une question s’impose avec une force redoutable : qui a porté le flambeau de cette élection sacrée après le Messager, et qui est, aujourd’hui même, cet élu vivant garant de la Vérité ? »

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